Le grondement dans la forêt

Au printemps de cette année, une journaliste du Greenpeace Magazin allemand était dans la forêt lors d’une visite de quelques jours. Un article excellent fut le résultat. Nous avons traduit une partie en français.

Le grondement dans la forêt

Texte: Svenja Beller / Images: Markus Feger

Remarque du traducteur : Je ne voulais pas utiliser elles-ils, ce qui est moche à mon avis. J’ai inventé un mot : els. Mais peut-être ce n’est pas neuf du tout, car je ne ne suis qu’un étranger. Presque partout.

Il fait nuit, quand els commencent à marcher, plus profondément dans la forêt. Des branches fines craquent sous des pieds nus, des bourgeons crépitent doucement sur les feuilles des arbres. Depuis le printemps fit exploser les bois, il y a deux semaines, le clair de la lune pénètre à peine au sol de la forêt. Néanmoins, els éteignent leurs lampes de poche, car c’est beau, els chantent. Peu à peu, els se séparent, maintenant els ne sont qu’un couple ou seules. Sur de longues cordes, els grimpent dans les arbres, se tirant vers le haut, mètre par mètre. Rien ne peut être entendu, sauf le bruissement et le grondement, l’éternelle grondement. Là-haut, dans les couronnes els se couchent pour dormir dans leurs cabanes auto-construits, pour que les arbres soient toujours là quand els se réveillent le lendemain matin.

Ils essaient d’arrêter ce qui est imparable. Chaque arbre, chaque buisson, chaque brin d’herbe disparaîtra dans à peu près dix ans, dans le trou qui avale la terre, venant du nord. La Forêt de Hambach, une fois une forêt majestueuse de 55 kilomètres carrés, est maintenant seulement une étroite bande verte au sud de l’ancienne autoroute A4. Depuis l’automne dernier aucune voiture y circule encore. Au nord de la silence sinistre de la bande d’asphalte, la forêt est déjà rasé jusqu’aux souches. Le trou, c’est la mine de lignite à ciel ouvert de Hambach, avec plus de 42 kilomètres carrés la plus grande mine de charbon en Allemagne. Là, les plus grandes machines dans le monde sont en train de creuser – 220 mètres de long, 96 mètres de haut et plus lourd que 10.000 voitures – chaque jour 240 000 tonnes de déblais et de lignite, qui est la plus nuisible au climat entre tous les sources d’énergie. Le rapport de la production d’énergie aux émissions de gaz à effet de serre est pire que celui de chaque autre forme de production d’électricité. À l’heure où les effets du changement climatique dans le monde entier sont de plus en plus clair, RWE qualifie le lignite catégoriquement comme « un partenaire fiable de la transition énergétique ».
Dans l’obscurité, les excavatrices énormes brillent devant la colline à l’horizon, elles creusent sans interruption. Et elles grondent, grondent, grondent.

« C’est la dernière chose que je entends avant de me endormir, ». dit Tom, dont le vrai nom est différent. « Cela me rappelle toujours pourquoi je suis ici. »

Lire la suite dans le Greenpeace Magazin 4.15.

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