RIP (repose en pouvoir) Waka, pour toujours entre nous…

Ce dimanche, notre cher camarade et ami, Waka, est devenu le deuxième activiste de la Forêt de Hambach qui a donné sa vie en première ligne contre la domination et la destruction sociales et écologiques, pour la résistance au patriarcat et au capitalisme.

Les activistes de Hambi l’ont appris avec tristesse, mais aussi dans un esprit de célébration de la vie et de l’énergie de Waka, que ce dimanche à Rojava, il a rejoint la longue liste de ceux-celles qui ont fait le sacrifice ultime pour protéger les communautés, les biorégions et la Terre. Notre solidarité et soutien vont à tout*s celles-ceux qui ont perdu leurs proches dans la lutte mondiale contre la destruction sociale et écologique !

RIP (repose en pouvoir) Waka!

Şehîd Şahîn Qereçox ( Le nom kurde adopté par Waka avec le nom dernier choisi d’après et pour commémorer Anna Campbell ), connu sous le nom de Waka pour ses nombreuxses ami*s, a malheureusement été martyrisé dans la lutte contre Daesh à Hajin le 7 octobre. Il avait servi dans l’armée de l’YPG, luttant pour la révolution à Rojava depuis 4 mois. Tant que je le connaissais, il était un camarade affectueux et un véritable révolutionnaire. Je n’arrive toujours pas à trouver les mots pour le décrire – il était si réfléchi et créatif qu’il a défié toute généralisation. Tout ce que j’écris ne fera qu’effleurer ce qu’il représentait pour moi et pour tant de gens.

Je n’oublierai jamais ses actions courageuses et ses efforts pour un monde qu’il savait possible. Libre d’oppression, de patriarcat et d’écocide, où les gens vivent en coopération dans un esprit d’entraide, au lieu d’être atomisés et effrayés par le capitalisme. Il était toujours prêt à risquer la répression ou la violence policière en défendant ce en quoi il croyait. Dans la Forêt de Hambach, en Allemagne, il n’hésitait pas à se mettre en danger pour mettre fin à l’exploitation et à la destruction de la terre. À Pont Valley, en Angleterre, sa créativité et son travail acharné ont mis le feu à une campagne de défense des communautés et de la faune contre l’exploitation du charbon à ciel ouvert.
Par la débrouillardise de Şahîn il devenait un membre précieux de toutes les communautés où il se trouvait. Il travaillait souvent dur pour bâtir des structures, cuisiner et simplement rendre tout l’espace plus accueillant pour que tout le monde soit à l’aise. Il apportait toujours son esprit charmant à chaque conversation et l’on pouvait apprendre beaucoup de ce qu’il avait à dire.

Son tempérament n’était jamais agressif, il ne cherchait pas la confrontation physique et au début c’était une surprise d’entendre qu’il voulait joindre le combat des YPG. Mais en réalité, en pensant à ses nombreuses autres actions courageuses, ce n’aurait pas du tout une surprise qu’il se batte pour ce en quoi il croyait. Son courage inébranlable et sa maîtrise de soi sans tomber dans des comportements machistes sont l’une des nombreuses choses pour lesquelles je l’admirais.

C’est l’une des choses qui l’ont rendu un véritable révolutionnaire : il savait qu’une révolution n’était pas simplement quelque chose que l’on crée ou construit, c’est quelque chose que l’on fait de dedans et qui fait partie de qui l’on est. Tout ce qu’il a fait était très consciemment et résolument politique. Il n’a jamais craint de critiquer son propre comportement ou celui de ses camarades. Il voulait tirer le meilleur parti de chaque jour de sa vie et chaque moment libre était consacré à l’apprentissage d’une langue, à la formation, à la lecture et au partage de nouvelles idées. Environ une semaine avant sa mort, il fut nommé vice commandant du YPG International Tabur. Il était fermement motivé à former non seulement la condition physique de chacun*, mais également à édifier la culture révolutionnaire au sein de l’unité.

Un souvenir précieux que je garde de lui avant son arrivée à Rojava était lorsque nous faisions de l’auto-stop ensemble à travers l’Europe. Je me souviens que, peu importe qui nous emmenait, il engageait immédiatement une conversation avec eux comme s’ils étaient de vieilleux ami*s. Il voulait toujours parler de ses idées et ne ressentait jamais le besoin d’être malhonnête à propos de ses croyances. Sa gentillesse et son honnêteté désarmantes ont séduit tous celles-ceux que nous avons rencontrés au cours de ce voyage, même s’ils l’avaient rencontré très brièvement.

Je voudrais envoyer ce message à la mémoire d’un véritable héros. Défenseur de paysages, saboteur de la chasse, anarchiste, expert en auto-stop et déchétariste, révolutionnaire, ami et beau camarade. Je regrette seulement de ne pas lui avoir dit tout cela en face, mais la lutte pour la liberté continue et je le ferai dans sa mémoire, inspirée par tout ce qu’il a fait et tout ce qu’il m’a appris.

Şehîd namirin.

Pour marque-pages : Permaliens.

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